Perdu pour perdu

A force de tourner autour du pot,
Tu m’as fait perdre l’équilibre.
A force de tenir les mêmes propos,
J’en ai oublié de goût du chibre.

J’ai tout laissé tomber pour ta peau,
Même si ton discours était droit.
Tu portais ton passé en porte-drapeau
Et j’admirais ton membre, mon roi.

Comme si nous allions enfin annuler
Les maux qui nous handicapent,
Comme si deux âmes aux pires acculées
Pouvaient trouver un nouveau cap.

Dans le corps à corps,
Je me reposais sur toi pour être heureux.
Et encore et encore
Je pensais que c’était un rêve d’être deux.
Perdu pour perdu,
Nous étions juste deux âmes inconsolables.
Perdu pour perdu,
Chaque jour avec toi devenait détestable.

A force de croire que nous étions un,
Nous avions oublié nos passés,
J’en ai oublié de vivre seul mon destin,
De guérir sans traitement herbacé.

Comme si l’un pouvait sauver l’autre,
Nous avons cru nous nourrir.
Comme si ta vie plus ma vie égale notre
Chance de voir nos cris mourir.

Atlas

Porter le poids de rancœurs invisibles
M’empêche de grandir sans comprendre.
Où sont les armures qu’il faut fendre ?
Où sont mines dont je vais être la cible ?
Est-ce à moi de trouver ce maudit totem
Planté dans la jungle des liens familiaux ?
Est-ce à moi, dont vos cris tordent boyaux,
Dans cette famille, personne ne s’aime ?

Porter le poids d’un couple à la dérive
M’empêche d’enfin connaitre la liberté.
Où sont les mots pour continuer à flirter ?
Où sont les formules d’amour si lascive ?
Est-ce à moi de réparer le pont entre nous
Sans savoir cela en vaut vraiment la peine ?
Est-ce à moi de toujours éprouver de la gêne
Car j’en ai marre de toujours plier le genou ?

Porter le poids des années passées trop vite
M’empêche d’être moi au bout du compte.
Où sont les jours où je tairais les mécomptes ?
Où sont les sages paroles aux joies induites ?
Est-ce à moi de larguer enfin les amarres
Pour suivre mon cœur vers là où je dois être ?
Est-ce à moi d’envoyer d’ouvrir la fenêtre
Qui me conduira loin de mes cauchemars ?

Meurs, amor !

Les derniers soubresauts m’écœurent.
Les dernières phrases tellement mielleuses,
Que j’en vomis des mots de douleurs,
Ont assassiné mes pensées amoureuses.

Je veux arracher ta queue et tes oreilles,
A coup de dents s’il le faut, pourvu que saigne
Ton visage angélique sans nul autre pareil,
Celui de bébé devenu pire qu’une teigne.

Meurs, amor!
Tes jolis yeux, tes belles phrases
Et tes hanches chaloupées,
Je veux les condamner à mort!
Meurs, amor!
Du passé je veux faire table rase,
Même si la sortie est loupée,
Car ce n’est pas mon grand fort!
Meurs, amor!
J’ai trop vu ton visage sourire,
J’ai trop pensé à te le détruire.
Meurs, amor!

Des bouts de toi s’accrochent à moi.
Aucune douche ne pourra les détacher,
Sorte d’ADN qui me meurtrit parfois
Et que je n’arriverai jamais à arracher.

Likeholic

Qui a cliqué ?
En un fragment de seconde,
Le cœur palpite
Et les notifications se comptent.
Qui a liké ?
Pourvu que les amis fondent
Et qu’ensuite
Le nombre de likes montent.

Qui a cliqué ?
Il faut nourrir ce caniveau
Et que ruisselle
Les commentaires pimentés.
Qui a liké ?
Même si rien n’est nouveau,
Les reels à la pelle
Inondent ce monde enfienté.

Qui a cliqué ?
Il faut compter pour être aimé
De ces avatars
Qui ne savent rien dans le réel.
Qui a liké ?
L’ego, de ces chiffres, est affamé
Car le cafard
Est prêt à le jeter sous ses ailes.

Ma vie c’est décembre

Le dictionnaire nous demande qu’on s’aime.
On n’est qu’un troupeau de moutons bêlant
Mais ma couleur c’est le noir, j’en suis désolé.
Je ne ressemble à rien d’autre qu’à moi-même,
Elément étrange dépareillé qui se rêve volant.
Je veux partir seul avec mon âme carambolée.

Un carrosse n’a pas besoin de cinquième roue,
Alors je me trimballe à la traine, sans tintamarre,
Pourvu qu’on me laisse tranquille dans mon coin.
A chaque crise, je voudrais rejoindre mon trou
Et qu’on m’oublie ou que ce soit un cauchemar.
J’ai besoin d’air, de voir le large, de partir loin.

Ma vie c’est décembre,
La nuit est longue
Et le froid engourdi mes membres.
Je ne veux plus les sentir
Nous la diphtongue
Incongrue, l’amour qui se déchire.

Le jour où arrivera le tout dernier réveillon
Je serai aux premières loges pour contempler
L’apocalypse qui emportera mes prochains.
Laissez-moi savourer le spectacle vermillon,
Applaudissant la vision du troupeau dépeuplé,
Les larmes me noieront alors dans mon chagrin.

Homme 3.0

Les yeux rivés à l’écran,
Je clique sur tous les liens.
Y’a trop de réels marrants
Pour voir que ce n’est rien.

Impossible de rencontrer
Autre chose que le lancinant
Sentiment d’être cloitré
Dans un lieu au lien néant.

Ce monde est débordé
Par son intelligence superficielle.
Il va faire des embardés
A force d’émotions artificielles.

Jamais loin de se trouver seul,
Il suffit d’une phrase énervée
Pour qu’on se fasse la gueule.
Les tensions restent gravées.

Les amis ont évolué en avatars
Et les conversations en posts.
Si l’envie de sortir du brouillard
Vous prend, prêt à la riposte.

Uniphobe

Laissez-moi vomir cette pensée uniforme
Par mon cœur révulsé de vos contraintes.
Laissez-moi vous débarrasser de vos normes
A la dynamite, ce sera bien, n’ayez crainte.

Laissez-moi redessiner les traits difformes
Que vos yeux imaginent sans un regard.
Laissez-moi vous déshabiller, votre uniforme
Kaki est laid et vous laisse dans le brouillard.

Les chemins n’ont de frontières
Que là où s’arrêtent la lumière.
Nous ployons pour un maitre
Qu’il est temps de démettre.
L’autodafé des us et coutumes,
Si vous voulez, je vous l’allume.

Laissez-vous vous montrer les diverses formes
Que ce monde peut offrir à ceux qui l’écoutent.
Laissez-vous divertir de manière non conforme,
Juste pour le plaisir de découvrir une autre route.

Dernières retouche sur 7

Bonjour les amis,
Les dernières retouches du texte sont finies 🤪.
J’attends avec impatience la suite des opérations avec ma nouvelle maison d’édition Faralonn Editions. J’en profite pour leur renouveler toute ma gratitude pour la confiance, la chance, la reconnaissance qu’ils m’offrent.
J’apprends beaucoup avec eux. C’est un vrai plaisir de travailler avec et pour eux.
J’ai tellement hâte de vous en dire plus, de voir 7 dans vos mains, de lire vos critiques, de discuter avec vous de ce nouveau bébé qui, bientôt, prendra son envol.
A très vite

Dans de beaux draps

Arrête d’affoler ma fragile raison !
J’ai du mal à prendre conscience
A côté de toi, de tes exhalaisons
Qui font de l’amour une abondance.

Arrête d’atténuer mon for intérieur !
Je succombe à tes mots ensorcelés.
Je découvre avec toi mon impudeur
Tant que mon cœur n’est pas morcelé.

Il a fallu que nous nous étreignons
Dans de beaux draps,
Comme si s’aimer aller de soi.
Il a fallu que nous nous imprégnions
D’un jeu qui prendra
Toute mon âme ! Et bien soit !

Continue à pénétrer mon avenir
Et agrandir les pièces poussiéreuses
Qui compose ma vie de martyr.
Je cède à cette fièvre impérieuse.

Il a fallu que nous nous étreignons
Dans de beaux draps,
Comme si s’aimer aller de soi.
Je veux qu’enfin nous enchainions
Nos avenirs à ton aura,
Car j’ai décidé d’être ta proie.

En nos troubles

Largué en pleine tempête,
Je n’oublie pas les peines
Capitales que mon poète
A subi de par ma faute.
Il a plongé dans la Seine
Et la marche était haute.

Je ne brassais pas du vent
Quand j’exprimais l’amour,
Nous deux nus sur le divan,
Qui à l’instant submergeait
Tout en moi. Le souffle court,
Il devenait mon seul sujet.

Mon lit, ce beau radeau
Où nous nous laissions dériver,
M’a présenté ce cadeau
Sur lequel j’ai tellement salivé
Même si, à mon âge,
Pour naviguer en nos troubles,
J’ai pris son dépucelage,
Et je n’en ressens qu’encoubles.

Sans affronter la houle,
Notre bateau disloqué
Sur les vagues qui roulent
Et nous sépare à des lieus.
Mon cœur fait bilboquet
A la pensée de nous deux.