Puisque Dieu existe

Puisque Dieu existe,
Que je suis en bout de piste,
Ai-je le droit de m’allonger?
Puisque Dieu est triste
Et miséricordieux masochiste
Puis-je enfin aller plonger?

La vie comme un cirque
Me présente à ce public
Comme une bête de foire
Que tout le monde doit voir.

La vie me tient mes ailes,
Me trimballe avec des ficelles
Au bout des doigts usés
Par les gestes sans volonté.

La vie me ballade sans cesse
D’un jardin que tout délaisse
A une voie sans queue ni tête
M’amenant au vide esthète.

La vie me traîne à un train d’enfer.
Destination inconnue où s’enterrent
Les volontés les plus farouches
Et les mots non sortis de ma bouche.

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C’est impressionnant lorsque l’on pense que, pendant plus de 30 ans, je n’ai jamais rien osé publier… Peur d’être ridicule. Peur d’être insipide. Transparent. De n’avoir rien à offrir. Rien à partager.
J’ai commencé à écrire il y a en effet plus de 30 ans ! Bientôt 40 (dans 3 ans si ma mémoire est bonne) ! C’était un besoin irrationnel à mettre sur papier mes émotions, mes chagrins, mes peines, mes souffrances. Et avec style. Alors j’ai choisi la poésie. Ses structures me plaisaient. Je me voyais bien lover mes chagrins dans ses bras accueillants. La poésie est une mère affectueuse qui vous écoute et vous guide pour apaiser les sentiments qui vous rongent et vous empêchent de respirer.
Écrire c’était vivre. Écrire, c’était ne pas se résigner à l’enfer. C’était voyager sans dépense. Cracher son venin sans offense. C’était offrir à mon cerveau étrangler un répit pour souffler. C’était calmer ces douleurs invisibles avec des comptines que j’inventais moi-même. C’était regarder en face l’horreur du monde. L’horreur de MON monde.
L’écriture a été ce médecin invisible qui pansait mes blessures. Je peignais avec mon stylo les images qui traversaient mon esprit dérangé. Bien souvent, elles étaient laides. Comme moi. Elles me réconfortaient, car je n’étais pas seul dans ma tête.
J’avais des compagnons d’infortune. Un cardinal bleu, Ofy, Appoline et tant d’autres héros ordinaires de mes songes ont pris vie dans ces cahiers que je noircissais avec acharnement. Car je voulais vivre. Je voulais les faire vivre à travers moi.
J’y ai mis tout mon cœur. Tous mes pleurs. Toutes mes peurs, mes chagrins et mes angoisses. Je leur ai ajouté des nuances et des senteurs pour accommoder le noir de couleurs chatoyantes.
J’ai même essayé à de nombreuses reprises de faire un long chemin avec mes amis d’infortunes, mes Pinocchios à moi. Je n’y suis pas arrivé. J’ai laissé cela de côté.
Jusqu’à ce que, un soir de folie, je décide de me lancer dans l’écriture d’un roman. « Des papillons dans le ventre ». Trois ans d’abnégation et de soirées à coucher sur le papier ce roman lunaire et le voilà désormais entrain de vivre sa propre vie.
Et maintenant ce sont tous mes autres enfants, ces poèmes oubliés, qui vivent grâce à ce blog. Ils se déclament devant vos yeux. Ils vivent. Ils grandissent. Grâce à vous.
Merci d’accueillir avec bienveillance mes petits. Merci de m’avoir délivré de toutes ses œuvres qui, jusque-là, n’appartenaient qu’à moi.
Sincèrement
Yann Vénète, votre passeur d’histoire.

Mon univers

Rond
Comme la Terre
Qui tourne encore en rond
Autour de toi, mon astre de lumière.
Je vis pour toi mon soleil sans équivalent, sans pareil,
Ma fille que rien ne perturbe jamais dans sa volonté forgée de m’aimer
Comme il se doit. Tes mots et tes gestes d’amour qui toujours m’émerveillent.
Tes yeux me donnent une énergie que j’accumule et rend sans pouvoir me lasser.
Je te donne tout de moi dans ce monde qui, de ma Lune, est un très imposant exil.
J’essuie tes larmes comme je nettoie tes plaies car je ne peux pas les supporter.
Elles me bouleversent ridiculement lorsque je vois leur incroyable futilité.
Et j’accours pour t’apaiser pour combler l’ensemble de tes vanités.
Je tente de te faire rire pour voir ton immense sourire
Qui émerveille mes journées. Ton âme brille
Dans ma mémoire. Je vis le pire
Et le meilleur pour ma fille.
Mon cœur pour toi.
Ton papa.

Apolline

Poème écrit lorsque j’avais 14 ans (1990). Je suis retombé dessus et je lui trouve un charme fou et désuet.

L’espace lointain
Découvre tes yeux
Remplis d’or et de bleu.
Ton sourire éphémère
N’est pas de coin
Mais grand ouvert
Comme le gouffre du
Paradis perdu.
Je suis cette étoile
Qui est dans la toile
Du bonheur épanoui
D’un ciel bleu fleuri,
Par ta beauté
Qui ouvres les haies
De la solitude
Et les temps rudes
Qui nous séparent
Des années lumières,
Apolline la fière.

Le jardin d’Aphrodite

Je viens d’un chemin boueux esseulé,
Mes pieds sales continuent la route
Alors que la tête est emplie de doutes,
Voulant s’arrêter au lieu de s’entêter.

Le chemin est mal aisé mais mes pieds
Avancent dans leur sillon et portent
Mon être en avant. Ils font en sorte
De m’enfermer dans ce doux bourbier.

Mes yeux se sont posés innocemment
Sur ce jardin coloré et le mouvement
Automatique a dévié vers cet aimant,
Vers un jardin où vivent les amants.

Le soleil donne de belles couleurs
A ce jardin aux charmes enchanteurs
Où toute la nature chante en chœur
Dans ma tête qui sent le bonheur.

Je sais, c’est niais, mais je sens naître
Un sentiment nouveau, ou renaître
Ce sentiment de plénitude, ou être
A nouveau vivant en toute lettre.

Amour tortueux comme l’olivier
Sous lequel je me repose, vivier
De mon énergie. Mon destin lié
Libère enfin mon cœur qui a plié.

Je vois alors ce sureau plongeant
Racine dans l’eau d’une rivière
Et m’approche innocemment
Et finit par tomber telle une pierre.

Bizarrement, je me sens si bien !
J’avance dans ce milieu nouveau.
Je sens le regard d’un dauphin.
Il se connecte à mon cerveau.

Je le suis comme je suis le courant,
Entre fièvre et frisson qui cours
Dans mes veines et se répand
Tel un puissant courant d’amour.

Il s’amuse et sourit de cet instant.
Il m’amène loin, je glisse aisément
Jusqu’à retrouver terre un temps
Puis y retourner vivre le moment.

Pardon

Je sais que je ressasse le passé,
Les nuits solitaires imprévisibles,
Les portes ouvertes enfoncées
De nos discussions très pénibles.

Je sais que tes sentiments sont là,
Peut-être ressentis, voire intacts
Mais si ton amour est comme cela,
J’aimerais pouvoir dire avec tact…

Pardon mais je l’aime,
Pardon de briser notre lien,
Pardon du trouble que je sème,
Pardon d’enlever tes lendemains,
Pardon pour les nuits blanches,
Pardon d’avoir eu la flemme,
Pardon des discussions franches
Mais vois-tu ? Je l’aime.

Ouvert au monde

Ceci est un poème écrit en 2012. Il est sorti suite à une désillusion qui m’avait brisé le cœur alors que j’avais tout fait pour ne plus être brisé par les personnes que j’aime.

Ligne de vie

Ma tête va éclater
En feu d’artifice,
Mon cœur en pâté
Est complice.

J’ai trop de devoirs
A faire adroit
Mais devant c’est noir
Enfin, je crois.

Sort par mes yeux
Les tablettes
De pierre de ce Dieu
Qui m’embête.

L’air me manque
Et j’attends
Le grand Big bang
Un vrai élan

Où est la ligne à dépasser ?
Où est la frontière du réel ?
Est-elle droite, parallèle
A ma ligne de vie tracée ?

Trop de transmissions
Entre neurones
Trop d’idées en fusions
Qui m’assomment.

J’ai besoin de voir clair
Ce que je fais
Sur cette maudite Terre
Qui m’effraie.

Où est la ligne à dépasser ?
Où est la frontière du réel ?
Est-elle droite, parallèle
A ma ligne de vie tracée ?

Cocon

Le temps s’étire jusqu’aux murs
Pour ensuite rebondir à vive allure
Et ainsi nous gifler à contretemps
Et réveiller le besoin ici existant

De sortir de ce morne cercle vicieux :
Dormir, manger et travailler au mieux
Puis oublier le vide abyssal qui entoure
Notre vie de ses plus beaux atours.

L’espace se fige entre cette porte
Et ces murs telle une place forte
Où l’extérieur est un possible danger
Voire un rêve pour âmes dérangées.

La raison s’agrippe à un futur proche
Où au dehors vivent nos chers proches
Pour enfin les enlacer voire embrasser
Encore une fois sans jamais se lasser.

Je suis une bête croissante et tapie
Dans un cocon, qui va de mal en pis
Mais qui se transforme en papillon
Ou peut-être plutôt en mirmillon.

Les sourires d’Arusha

Cette balade dans une ruelle famélique
M’enivrait d’épices couleur orange soufré
Qui promettent des saveurs si magiques
Que mes pas semblent devenus légers.
Je plongeais mes peurs dans des sourires
Edentés et entiers qui réchauffent le cœur
Aussi surement qu’un cadeau à ouvrir
Ecarquille les yeux d’enfants d’ailleurs.
J’abandonne préjugés et condescendance
Sur le bord de cette route où cet homme
Coupe l’herbe à la faux, tâche immense
Tel vider la mer d’une cuillère. Fantômes
De mes idées arrêtées, ombre de la réalité,
J’honnis les pensées blanches menteuses
Pour admirer ce jeune garçon concentré
A nettoyer son vélo dans cette eau boueuse.
J’oublie l’heure, l’anxiété et même le stress
Dans ces vallées vertes à terre vermeille
Où dansent pour nous avec grande prouesse
Les enfants Massaïs. Ses anges m’émerveillent.
Je me laisse emporter sur cette barque
Dirigée lentement. « Hakuna matata », ce chant
Swahili berce mes oreilles et je débarque
Sur l’eau turquoise et sereine de ce chaud océan
Pour admirer cette faune colorée aquatique
A portée de mains, poissons en goguettes.
Je flotte au milieu de ce monde idyllique
Où la gentillesse égale l’humeur souvent discrète
De ce peuple pacifique joyeux et conteur
Qui aime sa nature sans ressource ni minerai rare.
Impossible de quitter ce pays aux senteurs
Fécondes et aux couleurs si généreuses car
C’est ici que la bonté a trouvé parfait asile,
En Tanzanie, Mère-patrie d’un peuple juste
Où j’ai enfin retrouvé une vie paisible et facile
En harmonie avec eux, sous un bel arbuste.