Noir, rouge, blanc

C’est noir,
Lorsque la vie est une émeraude
Que les hommes oublient le manoir
Où se trouvent les oubliettes, où rôdent
L’amour, la sincérité, la fraternité,
Grande blessée de la fierté humaine,
Grande prêtresse de l’humanité
Qui perd son sang et sa forme humaine.
Poussée par la vie hiérarchique
Des grands prêtres de l’Etre suprême,
L’homme a perdu son amour mécanique,
Maintenant, voici les égoïstes «je t’aime ».

C’est rouge,
Comme le regard d’un ange
Qui a perdu son passé, son avenir
Dans les yeux des hommes qui mangent
Et qui boivent le sang d’un souvenir
De promesses tuées par le temps.
La vie est morte, et pourtant
Des gens veulent vivre l’esprit chaste,
L’esprit libre de pensées fastes.
Des gens remuent, bougent
Dans l’espérance d’un signe du ciel,
Dans l’envie de vivre l’éternel.

C’est blanc
Comme la pureté de la nature
Dont le sang semblant
Etre souillé, mis en pâture
Par des animaux bipèdes,
Tentant d’en garder un petit
Morceau pour des quadrupèdes
Productifs. Je veux être petit,
Observer cette grande dame
Gracieuse, maternel et patiente
Qui nous regarde comme des infâmes
Mais dont le souvenir nous hantent.

Mon drapeau sera noir, rouge, blanc,
Pour moi le petit homme enfant.

Ton jean contre mon djinn

Mes mains n’exploreront plus
Les méandres de ton torse poilu
Jusqu’à ce que mes tendres baisers
Mouillent tes zones embrasées.

Ma tendre langue ne valsera plus
Dans ta bouche comme une goulue
Qui s’enivre de tes amers saveurs
Jusqu’à en perdre la notion d’heure.

Ton jean
Contre mon djinn.
Ton t-shirt
Contre mon flirt.

Mes yeux ne reflèteront plus
Ton visage et sa beauté joufflue
Qui ont habités mes entrailles
Et m’ont dévoré. Je suis victuaille.

Ton jean
Contre mon djinn.
Ton t-shirt
Contre mon flirt.
Ta délivrance
Contre mes souffrances
Ton départ
Contre ma vie de bâtard.

Un film à deux

Cette histoire n’était pas raccord.
Nous interprétions des personnages
Aussi docilement que ce foutu décor.
Notre jeu de scène n’avait plus d’âge.

Tout a été monté en plan-séquence.
Nous nous sommes aimés puis plongés
Dans un scénario écrit bien à l’avance.
Nous pérorions des mots mensongers.

Triste fin sans studio de carton-pâte
Pour une romance qui, de bout en bout,
A senti l’amour. Tout est dans la boîte.
L’important en soi est de tenir debout.

Tu m’as fait tourner la tête.
Nous avons tourné le film à deux.
Mais l’heure n’est plus à la fête
Quand on passe d’amoureux
A plus rien du tout. La scène
Finale est passée, la lumière
Crue fuse sur les obscènes
Pleurs qui rongent tels des vers.

Désormais tu es un figurant hors-champs
Et je monologue en attendant le générique.
Je prie pour que le clap de fin, en couchant
Les trois lettres, rendra ça moins prosaïque.

La mélancolie sur ma peau

Le mouvement en balancier
De cette horloge,
Je me prends à l’aimer.
Monstre des forges
Mal éclairées ou la braise,
Dans une danse millénaire
Joue le rôle de la lumière,
La mélancolie de nos braises.

Le mouvement acharné
De nos vies,
Je me prends à l’aimer,
Cimetière aguerri,
De nos corps mutilés
Dans cette danse éternelle
Que l’on joue les yeux fermés,
Le cœur ouvert à l’Eternel.

Je danse
La mélancolie sur ma peau.
Je pense
La mélancolie en drapeau.
Je ne peux danser,
Penser,
Sans cet étrange
Légende des années passées
Ou je plonge
Toujours mon passé,
Mon présent, mon futur
Qui perdure.

Le mouvement sans fin
De notre Terre,
Je le prends avec dédain,
Dans ma misère
Ou le gouffre maudit
De ces années qui ont filé
Perdus à jamais
Que mon histoire a suivi.

Seul face à moi

Il faut faire attention au volcan,
Il déverse sa lave n’importe quand
Dévaste ma vie avec son torrent,
Dévale mes flancs en courant.
Il suffit d’un rien pour réveiller
Mes démons et ensuite payer.

Il ne faut pas me le laisser seul,
Je n’ai pas d’équilibre, m’esseule,
Me laisse aller à la vil paresse,
La mélancolie, la douce tristesse,
Rien du tout à quoi me raccrocher,
Je suis seul sur mon petit rocher.

Je n’aime pas
Être seul face à moi.
Je ne suis pas moi,
Je ne le peux pas.
Je suis ce que je donne,
Seul je suis atone.

Ma vie s’est vouloir tout donner,
Pour ne pas voir le ciel tonner,
Ma vie s’est tout enfin partagé,
Vivre une vie vendue en viager
Aux autres, tout énergie utile,
Car vivre que pour soi est futile.

“Des papillons dans le ventre” en version ebook

Bonjour,

J’ai l’immense plaisir de vous annoncer que “Des papillons dans le ventre” existe désormais en version ebook sur toutes les plateformes.

Après un drame qui l’a profondément marqué, Fred décide de devenir un médecin rangé avec femme et enfants. Vingt ans plus tard, Damien, qui souhaite devenir médecin et demande son aide, va bouleverser cette équilibre qu’il a construit. En se remémorant tout ce qu’il a vécu avant, Fred va comprendre sa vraie nature. Ira-t-il au bout?

Inspirée de plusieurs histoires vraies, cette histoire d’amour entre hommes plonge dans l’acceptation de soi et de ses pulsions les plus charnelles.

Vous pouvez le trouver notamment chez Amazon .

Reine Mélancolie

Effet d’optique
J’ai le ventre qui pique.
Hymne à la nuit,
Entraîne-moi dans tes danses immondes
Pour que dans ma tombe,
Dans mon éternelle nuit
Je danse pour toi
Dans mes habits de soie.

Vie apoplectique,
Cerveau électronique,
Le diable danse dans mes antres
Sa danse infernale et chaude,
Gigantesque nuit d’émeraude,
Le feu, mon âme au centre,
Je danse d’effroi,
Mes pieds dans le feu froid.

Reine Mélancolie
J’ai peur de moi.
J’ai peur de la vie.
J’ai perdu l’émoi
De mon enfance
En cadence.

Point critique,
Eternelle musique,
Les instruments qui s’emballent
Dans une symphonie harmonieuse
Pendant que la vie facétieuse
Donne le rythme du bal.
Les valses s’enchaînent,
J’oublie mes peines…

Métisse

Il suffit d’un geste,
D’un mouvement leste
De sa peau brûlée par la chaleur
Pour que l’homme soit KO.
Il suffit d’un geste,
D’un clin d’œil leste
De ses yeux faits d’or bruni
Pour que l’homme soit fini.

Belle métisse au cœur blanc,
La vie te sourit de ses dents
Blanches.
D’un coup de hanche,
Une montée d’adrénaline
Chez ta victime.

Il suffit d’une caresse,
D’un mouvement de fesse
Pour que l’homme soit anéanti,
Tu l’as enfin affaibli.
Il suffit d’une caresse,
D’un de tes mouvements, déesse,
Sur sa peau blanchie et pourtant sale
Pour qu’il soit ton vassal.

Belle métisse au cœur blanc,
T’as amadoué ton maître.
Belle métisse salie par le sang,
Ce mouton a fini de paître
Sur l’amour déchu
Et sa petite vie fichue.

36 adieux

Aucune distance ne facilite la tâche.
Le téléphone brûle mes doigts
De peur qu’encore on se fâche
Et que tu me balances ce que je te dois.

Ton visage et cette icone m’appellent
Pour qu’encore une fois je te blesse
Avec le même sermon sempiternel
Où ce que je t’ai fait je le confesse.

J’ai besoin d’entendre encore ta voix
Et croire notre séparation irréelle
Même si j‘en suis coupable. Je vois
Dans les sons ta rancœur qui révèle

Toute la douleur que j’éveille en toi
Car tu m’as aimé sans rien vouloir
Et j’ai cru mais sans avoir la foi.
Je t’ai aimé sans même le savoir,

Sans même te connaitre, involontaire.
Ma vie et la tienne se sont croisées
Et ont tourbillonnées sans en avoir l’air
Mais l’apesanteur tue les doux baisers.

J’ai pleuré de devoir te laisser partir,
Toi qui voulais m’accompagner plus loin.
Je me suis forcé à rompre sans mentir
Car toi et moi prenions différents chemins.

J’ai encore besoin de ta douce voix
Et, si j’osais le confesser, de ton corps
Car sans ton attention je suis aux abois
Même si dans la vie je joue le fort.

Mais renouer voudrait dire retomber
Pour devoir se relever, toujours amoché,
Alors je garde raisons et je laisse tomber
Mon envie de t’appeler pour me reprocher

Encore une fois d’avoir pris la décision.
Voici mes adieux pour la trente-sixième
Fois et la prochaine sera encore sans raison
Sauf peut-être que, malgré moi, je t’aime.

L’autre langage

Ma langue fourche
Et les cœurs sont encore écorchés.
On prend la mouche
Car mes propos ont amoché

Sans le faire exprès.
Je suis gauche à mains d’argent,
Les allées de cyprès
Pleurent sous mes coups négligents.

Je ne sais pas dire
Pourquoi à vos yeux je parle chinois
Je ne vais contredire
Ceux qui ricane lorsque je me noie.

D’un mot de travers,
Une expression malheureuse et amer
Qui me gifle d’un revers
Sans avoir à corriger ma grammaire.

Mes yeux fuient telle une passoire
Et aucun ange passe pour voir
Mon désespoir de ne pas être compris.
J’ai besoin de l’autre langage,
Celui qui me permettra d’être pris
Pour humain car j’ai la rage.

Je voudrais parler
De mes émotions sans blesser,
Sans voir déferler
Les vociférations, s’en ai assez.

D’être rejeté là
Comme un morceau de miroir
Brisé, petits éclats
Qu’on évite comme un mouroir.