L’Amour est parfois fusionnel. Ça débute par deux âmes qui s’enlacent Et se nourrissent puis se lassent A force de s’étouffer quand l’air s’en mêle.
L’amour est parfois charnel, Il virevolte tel une pulsion sans réflexion Qui pousse l’autre à l’exclusion. Il ne faut plus compter sur l’amour fidèle.
Il y a des systèmes d’auto-défense Qui n’ont pas de sens Et ne laissent pas indemne Celui qui les sème. Il y a des prières Dites les yeux fermés Si forts mais on est désarmé Avec cette cuillère face à la mer.
L’amour c’est parfois douloureux Lorsque les âmes fondues enfin s’étirent Chacun dans un sens puis tirent Puis le temps les sépare pour être heureux.
L’amour c’est parfois la mort Des rêves que l’on avait patiemment forgés Et le calice jusqu’à la lie par gorgée De cette potion brulante qu’en boit à remords.
Je me souviens de ta peau couleur crème Et de tes cheveux noirs un peu hirsutes. Tu étais si petite et si calme. La minute Où je t’ai vu ne fut pas un rêve bohême.
Rien dans ton sommeil paisible ne montrait Le drame que ta vie était déjà. Tu étais sage Et tu respirais simplement, une belle image Pour une vie future où tout reste à créer.
Un jeune père comme moi n’a plus d’armure Pour affronter une telle réalité inimaginable. Mes pensées ont hué une mère qu’on accable Sans savoir les raisons d’un choix sans doute mûr.
J’aurais tant voulu te serrer dans mes bras… Je me suis senti si incapable devant ton berceau, Incapable de recoller ta vie déjà en morceaux, Incapable de pouvoir soulager le mal qui viendra.
Chère petite fille sans prénom, Je pense à toi Comme on pense à un enfant perdu, Je pense à ce prénom Que j’avais imaginé pour toi A cette vie ensemble, ton bonheur dû. Je pense à toi qui attendait une reconnaissance, Toi qui n’avais pas de prénom à ta naissance.
Cette pensée me hante car j’ai voulu tout tenter, Te donner en présent une sœur de ma fille aimée, De te donner une famille qui s’est autoproclamée, De te donner un avenir que tu pourrais souhaiter.
Mais il y a des lois, il y a d’innombrables procédures, Il y a des familles aimantes prêtes à être ton foyer Mais mon cœur regrettera de ne pas avoir essayer Car tu as bouleversé ma vie de ton destin si dur
Peu de lumière pour voir Mais en faut-il dans ce noir ? Il n’a pas envie d’être vu, Pas envie de se voir entouré, Que ce soit d’amis ou inconnus. Il a les yeux fermés pour oublier.
Les battements sont en rythme Mais rien à faire vibrer en ce jour Où la vie bat à plein alentour Et l’entoure comme une intime, Maladroite souvent, mal habile Dans ses étreintes, un peu fébriles.
Et maintenant il danse Doucement Sur une lumière dense Maintenant. Le stroboscope cadence A pas forcé Son cœur à la fréquence Du son versé. Il sourit d’un rictus bizarre, Se balance Tout là-haut dans le noir. Et il danse.
Il n’a plus froid, n’a plus mal Malgré l’étrange vague à l’âme Submergeant comme une lame Du moment. Tout est égal Depuis qu’il danse lentement, La chaise tombée maintenant.
Je n’aime pas particulièrement Les routes tortueuses, les chemins de traverse. Je n’ai pas cherché l’égarement Mais juste une direction simple, éviter les averses.
Aujourd’hui, la route se dégage Et j’ai le pied sur le champignon sans halluciner, Cette fois, je n’ai plus la rage Mais juste le sentiment qu’être heureux m’est inné.
Ces foutus derniers kilomètres Me paraissent être des miles marins en tempête. Ces foutus nids de poule traitres Me gênent. J’ai l’impression d’en être à perpette.
Je n’ai qu’un enjoliveur, Pas besoin de plus pour avancer, Je me sens d’humeur driver, Prêt à tout recommencer, Sur cette belle autoroute Qui s’annonce, dernier kilomètre. J’ai le volant et, sans doute, Je fonce tel mon propre maitre.
Les panneaux de signalisation Me donnent la force d’avancer sans me presser. Les panneaux sans déviation Me font dévier de la trajectoire de mon passé.
Je n’ai pas envie du péage, Mais juste de payer le prix de ma liberté, Je n’ai pas vu le paysage La route est belle et le bonheur à ma portée.
Encore quelques kilomètres, Et je vais pouvoir prendre la sortie dix-sept Encore respirer l’air à la vitre, Avant que la vie me montre toutes ses facettes.
Tes yeux, Je ne peux m’empêcher de les admirer, Mieux, C’est le centre de mon monde.
Ton sourire, J’ai tant envie de le dévorer tout entier, Pire, Rayonne à des lieues à la ronde.
Ta peau, Sous mes caresses, c’est doux et chaud, En un mot, Résister est un effort inutile.
Ton visage, Illumine mon esprit et trouve les mots, Peu sages, Illustrant mon désir servile.
J’ai trouvé un joyau de Russie, La pierre angulaire Qui manquait à ma petite vie. J’ai trouvé, et j’en suis fier, L’amour qui manquait à mes nuits, La sérénité de mon âme. Tu fais fuir tous mes ennuis, Les assassinent comme une lame.
Mon amour N’a d’égal que la plénitude de mes pensées, Toujours Torturées avant que tu ne viennes.
Mon esprit N’attend que tes caresses et tes baisers ! Il est ravi Et veut que nos corps s’éprennent.
Il y a des paradis lointains Qui ne sont que chagrins Faits de cendres Comme d’ombres. Mais ils protègent pourtant, Ils sont réconfortants. Je les connais. J’y suis même né.
Loin des foules hallucinantes, Loin d’être aimante, Je me protégeais, La Lune me lovait. Mais il arrive un atterrissage, Il arrive l’amour en mirage Avec ces cadeaux, Et enfin les maux…
Je suis arrivé sur Terre Et depuis je me perds. Je retournerai sur la Lune Pour éviter la gravité Du monde où je perds pieds. Je retournerai sans rancune Dans l’ombre de ma coquille Qui, d’habitude, m’habille.
J’ai la peau exposée au soleil Qui me brûle sans pareil Comme un toast, Les larmes accostent. J’ai le cœur fait de lambeaux, Lacéré par un beau couteau, Le sang rouge vif Fuit tout ce suif.
Le goût de ce venin est amer, Les gerçures soufflant la braise Adoucissent l’ire des chaires, Le mal se meut avec toute l’aise De ce moment qui me brûle.
Ma peau s’endurcit un moment Puis la mue opère, les globules Amène le feu qui tue lentement Ma raison, mon cœur, mon âme. Mon destin est une suite infâme.
Le destin poursuit sa route Et m’écrase comme une fourmi Et quoique tout cela m’en coûte, Je souris comme face à l’oubli De mes peines qui me font face.
Je souris sans joie, je poursuis Ma route, ma pauvre carcasse Avance et oublie que si je suis Un homme, c’est par malheur Que j’attends ma dernière heure !