Numéro 7 (ou l’art de rester soi-même malgré les autres)

J’ai enfin fini l’écriture du second. Il faut désormais démarrer la phase de réécriture…

J’espère pouvoir vous présenter la version définitive début 2021. C’est une histoire beaucoup moins personnelle même si elle prend vie dans un sujet qui me touche beaucoup : comment rester soi-même malgré le regard des autres qui est parfois loin de la réalité. En quoi cela peut-il nous transformer? Comment rester soi-même quand les autres ont une image décalée de vous?

J’utilise la vie d’un célèbre footballeur pour le découvrir. Y’a pire comme héros, non? 😁

Le crocoeur

Mes yeux m’ont trompé,
J’ai eu l’illusion d’être aimé,
D’avoir aperçu la lumière
Derrière mes vantaux peints
De mon sang au goût amer.
Le soleil se levait le matin.

Mon ouïe m’a trompé,
J’ai entendu le mot aimer.
J’ai entendu des mots si doux
Et pourtant j’y ai vraiment cru
Jusqu’à comprendre enfin tout,
Les quiproquos et malentendus.

Mon toucher m’a trompé,
J’ai eu l’impression d’être aimé
Mais l’impression s’est effacé
Avec la raréfaction des caresses,
L’oubli de la façon d’enlacer,
Jusqu’à ce que tout disparaisse.

On a croqué mon cœur
Comme un fruit bien mûr.
Je n’ai pas ressenti la peur
De la proie dos au mur.
On a croqué mon cœur
Mais c’est là que la douleur
Se ressent, piqure de rappel
Pour éviter les hormones
Qui vont aller de plus bel
Réveiller en moi l’homme.

Mon odorat m’a trompé,
Je me suis senti si aimé.
Je n’ai pas senti le nauséabond
parfum de mes prédécesseurs,
Enivrant comme mon abandon
Je sens enfin cette odeur.

Ma langue m’a trompé,
Alléché par le fait d’être aimé.
C’était animal et instinctif,
L’envie d’être mêlé, mélangé
Mais j’ai dû être roboratif
Et je ne suis plus à manger.

La comptine de l’âme perdue

Il est possible d’aimer et souffrir
En même temps, je l’ai appris.
J’ai appris ma leçon sans plaisir,
Sans y avoir vraiment réfléchi.

Il est possible que je sois ignorant,
Que cette leçon soit l’instrument
De ma pensée. Aimer et souffrir
Est devenu la raison de mon ire.

Il est possible que j’me fasse souffrir
Tout seul, un besoin suicidaire
Qui traverse mon corps en délire,
Ou un poison qui a envahit mon air.

Quelqu’un a éteint la lumière
Sur mon chemin,
M’obligeant à tâter l’air
Du bout de mes mains
Pour retrouver ton amour.
C’est peut-être moi
Qui l’est éteint ? Toi ?
Je ne crie pas « Au secours ».

Il est possible que mon cœur s’arrête
Sans que cela ne te fasse de peine,
Mais je n’ai pas envie de faire le test
Ma main étant bien dans la tienne.

Il est possible que je sois devenu fou,
Fou de toi, ma raison perdue de vue.
Alors c’est à moi de retrouver le nous,
Pour rester sur le chemin tant voulu.

Des papillons dans le ventre – lancement de campagne de promotion

Chers lecteurs, chers amis,
J’ai le plaisir de vous annoncer que je vais bientôt être édité par les Éditions Maïa pour un livre qui me tient à cœur.
Une campagne de précommandes et de promotion est lancée sur :
https://www.simply-crowd.com/produit/des-papillons-dans-le-ventre/
Je vous invite à vous joindre à moi dans cette nouvelle aventure et à laisser votre empreinte dans mon livre. Vous découvrirez un résumé et un extrait du livre sur la page de ma campagne.
Un grand merci par avance pour votre appui et les partages autour de vous.

Votre passeur d’histoire

Mon amour de l’O

Je n’ai plus peur du tout de me mouiller,
De plonger dans le bonheur qui me noie.
Je fais l’étoile ou le fond je le vais fouiller
Pour trouver l’inspiration d’un air benoit.

Je me sens bien à flâner sur le dos, sur le lit
Ou dans la piscine, je suis si bien entouré
De tes bras et de toi que dans tes yeux je lis
L’amour et je fais la bascule pour te dévorer.

Il faut que je t’embrasse à tout moment,
Sur terre ou sur mer, en vrai ou en virtuel,
Car dans ton monde je suis moi vraiment.

Je nage librement, l’eau et moi font un duel
Où nos forces se mêlent inlassablement
Pour former le cercle parfait des amants.

Le nouveau coiffeur

Rien ne serait arrivé si je n’avais pas changé de coiffeur. C’est à croire que changer de coiffeur c’est changer de mari. Bon, disons plutôt changer de vie, car mon cas n’est pas universel.

Il y a sans doute des gens pour qui ne pas changer de coiffeur a apporté des choses… mais de là à changer de conjoint, je ne pense pas. Non, il y a des circonstances qui font que. Je n’y avais jamais songé avant. Les événements ont fait que. C’est bête, hein ? Oui, c’est ce que je me dis. Ça ressemble à une phrase que j’ai convenue sur les battements d’aile d’un papillon. Je ne sais plus où je l’ai entendu. C’est mon problème ça. Je ne sais plus. Mais la phrase formulait quelque chose comme « Un battement d’aile de papillon d’un côté du globe peut avoir des conséquences énormes de l’autre côté du monde ». Je ne me souviens plus de la phrase, mais le concept est là. Vous voyez certainement de quoi je veux parler. Moi oui.

Mais je m’égare. Comme souvent. Vous l’avez sans doute remarqué. J’ai déjà oublié mon mari. C’est vraiment représentatif de ma vie. Je divague et une idée en amenant une autre, je suis autre part.

C’est littéralement ce qui m’est arrivé quand mon coiffeur est décédé. J’ai dû aller ailleurs. Je me dis qu’il a emporté tous mes secrets dans sa tombe. Enfin… mes secrets… disons plutôt ce que je lui ai déclaré. Et je lui parlais de tout. Je lui confiais tout. De mon mariage pépère à mes bouffées de chaleur. De mon fils qui avance cahin-caha, surtout caha, à mes petits-enfants gentils, mais un peu bouffons. Ma belle-fille n’aide vraiment pas avec son manque de caractère. Mon fils aurait dû prendre une fille à poigne. Mais je crois qu’il a trouvé un modèle qui me ressemblait. Bref, il savait tout. Aller chez lui était mon plaisir. Mon confessionnal selon certains, mais comme je ne suis pas pratiquante, son salon faisait office de confessionnal rempli de produits capillaires à la place de bougies et de photos de blondes pulpeuses sur papier glacé à la place des icônes, mais enfin… le décor est là. Même les rituels avec le shampoing et tout ce qui s’en suit… Mais encore une fois je m’égare. Décidément… Je suis impayable. Je vous avais prévenu.

J’ai trouvé par hasard un salon un peu plus loin de chez moi. Je vis un beau jeune homme attendant une clientèle. Il s’installait. Et moi aussi. Sur son fauteuil. Il était tellement avenant avec ce sourire charmeur que je suis entré sans m’en rendre compte. Et nous avons beaucoup bavardé. Sans m’en rendre compte non plus. C’était fluide. La connexion fut simple. Mais tout fut ensuite différent. À commencer par ma coiffure.

J’ai gagné dix ans. Enfin, ma tête avait rajeuni de dix ans et mes vêtements avaient eux vieilli. Je le remerciais chaleureusement, mais maintenant je devais m’occuper du reste. Ce fut fait rapidement. Je filais d’un magasin à l’autre. Frénétiquement. Vous ne m’auriez pas reconnu. Je shoppais. La carte chauffait. Mais j’en avais besoin. À chaque fois que je retournais à son salon, j’avais l’impression de me dépoussiérer. Je me trouvais belle. Je me sentais neuve. Une sensation oubliée depuis longtemps.

Maintenant que ma garde-robe avait changé, je compris le décalage entre le nouveau moi et mon chez-moi. Vieux. Rabougri. Mon mari aussi. Mais là, la carte bleue n’aurait pas pu le supporter. Alors je ne pus plus l’endurer. Je parle de mon compagnon. Et de la maison. Je lui crachais à la figure mes années perdues à vivre une vie de merde. Il ne comprit pas. Il prit peur. Puis il prit la poudre d’escampette. Pas longtemps. Je lui manquais. Une femme qui rajeunit ça vous change un homme. Moi, ce qui me manquait, c’était un homme attentionné, non bedonnant et qui me regardait avec l’envie d’un puceau. Il devait donc redevenir un jeune mari. Malheureusement, les cheveux, ça ne repousse pas par miracle. Mais l’intérêt peut repousser lui.

Alors il fit des efforts. Il fit attention à lui. Il fit attention à moi. Ce n’était pas surprenant, mais c’était touchant. Il s’habillait bien. Il me regardait à nouveau. Il se passionnait pour moi.

Oui, changer de coiffeur m’avait changé. Et cela avait changé mon mari. Qui l’eût cru ?

Bienvenu.e.s chez moi!

Avec l’aide des Editions Maïa, mon premier roman va bientôt sortir. Je profite donc de cette occasion pour partager avec vous certaines de mes œuvres. Vous trouverez des extraits de “Des papillons dans le ventre” mais aussi d’autres œuvres écrites.

Alors j’espère que vous apprécierez ces petites histoires autant que j’ai aimé les écrire.